Spécialiste de l’injection plastique, ActuaPlast a connu une année faste. Nouvelle usine à la Forêt-Fouesnant. Conquête de l’Ouest à partir de Detroit.
Et un marché chinois prometteur mais complexe.

finition_pièce

 

Grand déménagement réussi

En 2014, ActuaPlast a concrétisé son projet de déménagement. La société spécialisée dans l’injection plastique est née en 2001 à Saint-Evarzec, zone de Troyalac’h. Face à la croissance de l’activité, elle a d’abord ouvert un atelier complémentaire à la Forêt-Fouesnant. Finalement, pour supprimer les navettes entre les deux sites et s’agrandir, Ronan Pérennou, le PDG, a choisi de regrouper l’activité à la Forêt-Fouesnant. Lancé en 2012, le projet a été réalisé en juillet 2014. L’atelier de la Forêt-Fouesnant est devenu une vraie usine, passant de 1 800 à 4 300 m2 sur un terrain d’un hectare permettant un futur agrandissement. Les travaux d’extension ont coûté deux millions, les nouvelles machines, autant. Douze personnes ont été recrutées. « Il a fallu quelques semaines pour trouver nos marques » reconnaît Ronan Pérennou.

La Chine rassure

ActuaPlast poursuit son développement à l’étranger. Les États-Unis (lire ci-dessous). Et la Chine. L’usine de Dongguan a trouvé son équilibre financier. Cinquante personnes y travaillent. Si la complexité du pays réclame de la patience, les avantages de cette présence sont nombreux. Bien sûr, il y l’assurance de bas coûts de production pour l’industrie automobile. « Pour les salaires, même s’ils augmentent, le rapport est de un à dix en moyenne. » L’usine bretonne confie à l’usine chinoise la fabrication de moules, outillage nécessaire à la fabrication des pièces en plastique. Plus rarement, pour des questions de logistique, la fabrication de pièces. « Dans un contexte de concurrence féroce, nous commençons à gagner en Chine des marchés pour la Chine » Tous les équipementiers internationaux y sont représentés. Et la présence en Chine rassure, souvent pour des raisons financières, les clients d’ActuaPlast. C’est aussi un positionnement international qui séduit les partenaires.

L’automobile en espérant l’avion

L’essentiel de l’activité d’ActuaPlast (70 %) est consacré à l’automobile. « C’est toujours notre fil conducteur. » Les clients sont les équipementiers et les constructeurs. « Les voitures sont de plus en plus légères. D’où un gros besoin de pièces en plastique. » Spécialiste du prototypage, l’entreprise réalise de plus en plus de pièces en séries. « Nous avons dû fabriquer cinq millions de pièces en 2014. »

Avec moins de volume, mais plus de valeur ajoutée, l’industrie aéronautique constitue un autre filon à développer. « Nous allons postuler pour la norme EN 9100, spécifique à cette activité. » Sans perdre de vue une vérité incontournable : c’est l’export (un tiers du chiffre d’affaires) qui est porteur de croissance.


Actuaplast, 80 salariés, dix intérimaires. Chiffre d’affaires prévisionnel de 12 millions d’euros en 2015. La moitié du carnet de commandes était déjà rempli en janvier.


À Livonia, Michigan, Ronan s’appelle « Ron »

ActuaPlast, 31690 Glendale Street, Livonia, Michigan. L’adresse résume à elle seule l’ambition de la PME finistérienne sur les terres de l’Ouest. Le Far West. La modeste PME s’est installée depuis l’année dernière dans la banlieue de Detroit, la ville de l’automobile. Ils sont cinq, pour le moment, à jouer la tête de pont. Quatre Américains et un Breton. « Thomas Le Berre a 24 ans. Avec son bac général, il est devenu opérateur chez nous par hasard. En intérim. Il a même failli ne pas rester chez nous… » Mais le jeune homme s’accroche, se passionne et se propose lorsqu’il entend parler du projet américain. Sa maîtrise de la technologie extrusion-soufflage justifie l’obtention d’un permis de travail de six ans auprès de l’administration fédérale américaine. « On n’imagine pas la complexité de la procédure ! »

Avec sa fille Virginie

Thomas ne restera pas le seul Breton de l’aventure. « Virginie, ma fille aînée, et Stevan, son mari, vont aussi partir là-bas… » Eh oui… Le Papa a transmis sa passion pour la conquête des marchés étrangers. Les deux trentenaires, elle spécialisée en ressources humaines et marketing, lui ingénieur robotique, tous deux cadres à Grenoble dans de grandes sociétés françaises, ont démissionné pour rejoindre ActuaPlast en juin. « Une fois le visa en poche, ils partiront aux États-Unis. Progressivement, ils prendront la responsabilité de la filiale ».

Un pari qui montre que Ronan Pérennou est confiant. « Pour le moment, la petite usine n’est pas rentable. Mais j’y crois… » L’industrie automobile américaine a encore une belle santé. Japonais et Allemands sont également présents. Malgré les différences, et en comparaison avec la Chine, les États-Unis semblent si proches. Sur un meuble, le mug de Ronan Pérennou, personnalisé « Ron, Michigan » en témoigne. Là-bas, on l’appelle Ron. Et il y retourne avant la fin du mois.

 

Source: Ouest France ( Jean-Pierre LE CARROU)